Le musée Al Batha des arts de l’Islam à Fès a abrité la 8e édition du défilé de mode annuel des stagiaires du Complexe de formation professionnelle de confection de la ville, autour du thème «Le Caftan marocain – patrimoine, savoir-faire et transmission».
Cette manifestation, organisée samedi en partenariat avec la Fondation nationale des musées (FNM), a célébré l’inscription de cette tenue traditionnelle sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco.
L’événement a mis en valeur soixante créations, originales conçues et réalisées par plus de cinquante stagiaires et lauréats de l’établissement, illustrant l’acquisition des compétences techniques dispensées dans les filières de l’habillement et du modélisme.
La particularité de cette édition repose sur l’exploitation directe du fonds muséal dans le processus d’apprentissage. Dans le cadre de leur projet de fin de formation, les apprenants ont étudié les collections de caftans du XIXe siècle, exposées au musée ainsi que les pièces conservées dans les réserves.
Cette phase de recherche a permis d’analyser la morphologie des vêtements, la nature des étoffes, les spécificités de la broderie de Fès et les modes d’assemblage traditionnels avant leur déclinaison dans des modèles contemporains.
Le défilé s’est déroulé dans le jardin maroco-andalou de cet ancien palais alaouite édifié à la fin du XIXe siècle. Ce cadre a permis d’établir une correspondance visuelle continue entre les tenues patrimoniales et les créations des stagiaires, marquant la permanence des pratiques vestimentaires marocaines à travers les époques.
Continuité de la transmission artisanale
S’exprimant à cette occasion, le conservateur du musée Al Batha des arts de l’Islam, Alae Fechtali, a souligné que l’action de la Fondation consiste à faire de ces établissements des espaces d’apprentissage, de recherche et d’inspiration pour les établissements d’enseignement.
Le conservateur a précisé que la collaboration établie avec l’OFPPT permet aux savoir-faire anciens de quitter le cadre exclusif des vitrines pour réintégrer les ateliers pratiques, assurant ainsi la continuité de la transmission artisanale.
Pour sa part, le directeur du Complexe de formation professionnelle de confection de Fès, Mahmoud Bouchti, a indiqué que cette présentation publique couronne le cursus académique des apprenants.
Il a expliqué que ce rendez-vous permet de confronter directement les réalisations des stagiaires aux standards professionnels, tout en favorisant leur insertion grâce aux échanges noués avec les opérateurs industriels, les créateurs et les représentants des institutions invités.
Confronter les réalisations aux standards professionnels
Présente à cette rencontre, l’historienne de l’art et spécialiste du textile marocain, Rachida Alaoui, a souligné la qualité technique démontrée par les créateurs émergents.
Elle a relevé la fidélité appliquée dans l’exécution des ornements, des finitions et des ceintures traditionnelles, estimant que l’étude des références historiques constitue la base nécessaire à toute évolution du vêtement traditionnel.
Cette manifestation, marquée par la remise d’attestations de mérite, a réuni des responsables administratifs régionaux, des délégations des chambres professionnelles ainsi que des acteurs de la filière textile.
Pour rappel, le Complexe de formation professionnelle de confection de la Fès est un établissement relevant de la direction régionale Fès-Meknès de l’Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Elle assure annuellement la formation de plus de 40.000 stagiaires, dont environ 5% sont orientés vers les filières du textile, de l’habillement et du cuir.
(Avec MAP)










