La galerie Bab Rouah présente «Prélude et Fugue», exposition d’Itaf Benjelloun, du 2 au 19 octobre 2026. Sculptures, photographies et installations y composent un ensemble où la matière ne tient jamais dans une forme arrêtée: elle se déplace, se reprend, ressurgit autrement.
Dès l’entrée, une installation de sculptures et de photographies donne le ton. Dans la salle principale, les sculptures ne se contentent pas d’être regardées, leur regard se projette dans l’espace sous forme d’images. Les yeux fermés, elles semblent d’abord en attente, avant que la lumière ne les active et ne fasse apparaître, sur le mur, la mémoire qu’elles portent.
Ces images sont elles-mêmes des fragments, des visages saisis hors de leur histoire, que la sculpture recompose sans jamais les rendre entiers. Le visiteur met un temps à comprendre que ce qu’il voit sur le mur provient des yeux mêmes des sculptures.
«Mon véritable matériau n’est ni le métal, ni le verre, ni la photographie, ni même la lumière, confie Itaf Benjelloun. C’est le temps: celui qu’il faut pour qu’un souvenir apparaisse, celui que met un regard à reconstruire un visage.»
Cette exposition est marquée par l’invitation faite à Anta Germaine Gaye, peintre et sculptrice sénégalaise qui a renouvelé les codes de la peinture sous verre, le suweer. Depuis 1999, elle anime à Dakar l’atelier Fer & Verre, les deux matières que la sculpture d’Itaf Benjelloun manipule également, l’une pour la structure, l’autre pour le regard.
Le commissariat de l’exposition est assuré par Hasnae Lachgar.











