À Casablanca, la conférence AI For Impact a réuni experts et acteurs de terrain autour de l’apport de l’intelligence artificielle dans l’accès aux financements pour les ONG africaines, et ce, dans un contexte de forte concurrence entre acteurs.
Partout dans le monde, les organisations associatives consacrent un temps considérable (30 à 50 heures) à la recherche et à la rédaction de dossiers de financement, avec un taux de succès souvent incertain. Le guideline type d’un bailleur de fonds dépasse 340 pages.
Dans ce contexte, l’intelligence artificielle s’impose comme un levier stratégique, à condition d’être adaptée aux réalités de terrain des ONG: données incomplètes, connectivité instable, diversité linguistique et culturelle.
L’intelligence artificielle ouvre ainsi de nouvelles perspectives: réduction drastique du temps de préparation des dossiers, meilleure identification des opportunités, montée en puissance d’outils de matching.
Organisée vendredi 8 avril en marge du Gitex Africa, la conférence AI For Impact a rassemblé Mohamed El Rhabi (directeur général de l’EMSI), Nizar Chaari (fondateur d’EPIK Leaders), Fatima-Zahra Bounaffaa (fondatrice de Parcours MCE), Khadija Bousmar (chercheuse en informatique, BBC Media Action) ainsi que les cofondateurs de NOVAI Liwaa Awar et Jawad Moghraby.
Les différents échanges ont mis en lumière trois points de consensus:
– L’IA augmente l’expertise humaine, elle ne la remplace pas. La validation par des experts reste
indispensable.
– Les contraintes des ONG africaines (données rares, connectivité instable, diversité linguistique) ne sont
pas des obstacles mais des défis d’avant-garde qui stimulent l’innovation.
– L’équité de genre doit être intégrée dès la conception des outils.
«L’intelligence artificielle amplifie l’intention de la personne qui l’utilise. Avec l’IA, on gagne 15 heures par
semaine sur les tâches répétitives, autant de temps que l’on peut réinvestir dans l’impact.», a renchéri Fatima-Zahra Bounaffaa, fondatrice de Parcours MCE.
Dans ce sens, Feryal El Moghraby, fondatrice de NOVAI, est claire: «Aucune idée porteuse de changement ne devrait rester sans financement en raison d’un accès limité à l’information ou à l’expertise.»
La plateforme NOVAI illustre, à ce stade, l’apport de l’IA pour les ONG. Présentée lors de cet événement par ses cofondateurs Liwaa Awar (CTO) et Jawad Moghraby (CBO), cette plateforme offre une base de données de financements mise à jour quotidiennement, un système de matching intelligent évaluant l’éligibilité de chaque organisation, un assistant IA pour générer et personnaliser les propositions (budget, résultats, livrables inclus) et une validation par des experts humains.
Organisé par EPIK Leaders et l’École marocaine des sciences de l’ingénieur (EMSI), la conférence AI For Impact s’inscrit dans la dynamique panafricaine portée par EPIK Leaders depuis sa création en 2025, un mouvement qui rassemble aujourd’hui plus de 50.000 membres et 550 clubs actifs dans 15 pays africains.
La prochaine étape: Africa Future Leaders Day, à Dakhla le 25 avril 2026, autour des enjeux du Soft Power africain.











